Balaniconte « Opus 2 », marocco Tour 2017

j.1: Départ sous la pluie. température extérieur: 12 degrés.

pic nid au viaduc de Millau.

pendant ce temps là, Barbara prépare sa 2ème représentation de Vie De Banc à la « Station-Théâtre » à la Mézière, en Ile-et-Vilaine (35).

Arrivée au port de Sète: 15h30, embarquement: 17h30

découverte de la chambre: vue sur la mer, le sud et le vent en pleine face. Dans nos cabas, on a du riz déjà cuit, du thon en boîte, de l’oignon rouge, 2 ou 3 tomates et du poivron, 2 bouteilles de bière et une de vin rouge. Nous voilà parés pour la traversée.

21h/minuit: c’est jonglerie sur le pont. Quelques curieux s’affairent autour de nous. Se déclenche alors un atelier improvisé. Ensuite c’est chaabi et danses improvisées au restaurant du bateau… Tranquillement, nous rentrons dans l’ambiance. Clavier et chanteur violoniste font danser le pont 7.

j2: c’est dimanche, 8h le matin, Chakib pose ses yeux sur la grande bleue. ses paupières légèrement collées l’empêchent malheureusement de voir les 3 baleines qui tournent autour du bateau.

Sms de Barbara: « le spectacle a cartonné, le public est ravi. Désormais sur la route. le camion fait un boucan d’enfer. Demain je serai avec vous !».

J3 : Les téléphones ne passent plus. Nous apprenons que nous arriverons à Tanger aux alentours de 17h au lieu des 8h annoncés au départ. La récupération de Barbara à l’aéroport de Marrakech (700 kms de Tanger) s’annonce donc difficile à17h. Pb : les téléphones ne passent plus dans les eaux internationales et nous n’avons pas encore le nom de l’hôtel où nous devons loger à Marrakech la magnifique.

Arrivée à Tanger ; 2 heures d’attente au large du port pour l’autorisation d’accoster. Le vent est là… On ressort les pulls et les blousons. Débarquement vers 19h ; 2heures d’attente aux douanes, qui finalement nous laissent aller. A 22h30, sur l’autoroute, c’est l’heure de notre premier repas chaud depuis des jours. 1er Tajine en terre d’Afrique. L’avantage ici , c’est qu’on mange presqu’aussi bien sur l’autoroute que dans n’importe quel restaurant.

Arrivée à Marrakech vers 4h du matin. Fouille policée à l’entrée de la ville… Avec notre bardas sur le toit, ne serions-nous pas de curieux terroristes ?

4h30 du matin, nous trouvons l’hôtel. Ouf ! Il y a une piscine.

J4 : 1er Réveil marocain. Après un bon petit déjeuner fructueux, révision des textes au bord de la piscine.

 

. 14h, montage et répétition générale à l’école Renoir. Il fait 44° dehors. Ici nous jouerons dans la salle de spectacle dont est bien heureusement équipée l’école.

 

 

Le soir, petite ballade touristique place jemaa el fna, dégustation de jus de fruits au gré des kiosques, au son des derbukas, tambours et hautbois dissonants qui jouxtent charmeurs de serpents, danseuses du ventre et tant d’autres artistes de rue.

 

J5 : Les 2 premières représentations de la tournée. C’est parti. Le spectacle se déroule bien. Le public le prend avec succès. Enfants et instituteurs semblent ravis. Bingo.

Après avoir démonté et chargé, nous prenons la route de l’Atlas pour aller jouer dans une école située dans un village berbère dont nous tairons le nom. Avec Chakib, qui connaît bien l’endroit, nous apprenons une chanson traditionnelle propre au village en question. Nous la jouerons demain pour les enfants de l’école.

 

 

Ici on reconnaît l’Afrique, avec ses maisons de pierre et de terre rouge. On croirait presque voir un Sahel d’altitude. L’accueil d’Hassan et de sa famille est fabuleux. Nous passons la nuit au 1er étage. La chambre voisine est occupée par deux vaches et trois chèvres.

 

 

J6 : Le matin, après avoir bu du lait tiède tout juste tiré du pi de la vache, nous nous installons dans l’école. Le vent puissant, certainement disciple du grand Foehn, lève les tissus du fond de scène. Et voilà l’équipe pédagogique qui s’attache autour de nous à harnacher nos éléments de décor.

Le spectacle se déroule à merveille, bien que les enfants ici ne parlent pas français. Ils se raccrochent à la musique, le visuel, la jonglerie, et les « grimaces » d’une Baba Yaga irsute que propose Barbara.

Un franc succès.

A midi, Hassan nous convie chez lui pour manger du chevreau grillé. Il aimerait que l’on reste plus longtemps, mais nous devons repartir rapidement. Demain nous devrons nous installer à nouveau à Marrakech pour 2 nouvelles représentations. Ce seront les plus grands cette fois. Marrakech est à 3 heures de route encore, avec le col du Tichka à franchir.

J7 : La routine commence à s’installer. Départ de l’Hôtel à 6h50. Arrivée à l’école à 7h00. Montage, balances. Entrée des élèves à 8h15. Tout est prêt. Pendant le spectacle, on entendrait une mouche voler. Les élèves apprécient l’exercice.

Au moment de partir, nous devons faire face à une horde d’enfants de CM déchaînés, qui tentent de nous arracher des autographes. On en profite pour récolter leurs retours, et quelques témoignages sur le spectacle. Nous prenons la route sourires aux lèvres. Départ vers Casablanca.

 

 

 

 

 

J8 et j9:  WE.

J10 : C’est lundi. Hier soir nous avons laissé la voiture et son chargement dans l’enceinte de l ‘école Chénier, à Rabat. Notre hôtel, le Mercure est à 2 pas. Nous irons travailler à pied. Aujourd’hui, nous effectuerons deux représentations du spectacle le matin, et une l’après-midi.

 

 

 

 

 

 

Tout se passe à merveille. Les 662 enfants qui auront assisté ici aux représentations de l’Opus 2 de « Balaniconte » repartent des étoiles plein les yeux, et entonnent pour certains, le chant berbère que nous avons finalement intégré au dénouement du spectacle.

La soirée sera touristique, aux parfums d’embruns de l’atlantique.

J11 : Mardi, deuxième jour à la capitale. Cézanne et ses 473 jeunes spectateurs le matin. Comme tous les jours jusqu’à présent : représentations à 8h30 et 10h15. La première est dédiée aux plus petits. La seconde pour les plus grands. L’école présente un cadre agréable et aéré, dénuée de hauts immeubles, tout proche du lycée Descarte.

Nous déjeunons sur la plage de Rabat avant de prendre la route vers Meknès.

 

 

 

J12 :

Quand tu pars en tournée au Maroc, et que tes voisins du lieu où tu vis en France ont une maison à Meknès ; quand que tu apprends dans le même temps que ces mêmes voisins seront à Meknès le jour où tu viendras y jouer ; il est alors évident que tes nuits à Meknès, tu les passeras chez tes voisins.

à 7h30, nous trouvons enfin l’entrée de l’école de Meknès. Nous nous installons dans la cour, laissant les enfants à l’ombre d’un bel arbre salvateur. Ici la chaleur est étouffante. Le spectacle pourtant emmène dans un voyage presque sans fin les 339 enfants qui auront pu assister aux 2 séances de la matinée.

 

J13 : Fez. Le premier jour ici sera un jour de visites. Aujourd’hui c’est relâche :.

c’est le jour du concours d’entrée en Maternelle. Nous en profitons donc pour redécouvrir la ville de Fès et sa médina gigantesque. La plus grande d’Afrique d’après certains, avec ses 350000 habitants entassés, ses ânes, ses ruelles étroites parsemées de stands aux montagnes d’épices colorés, ses artisans… et ses travaux d’aménagement


J14 : Vendredi, le jour du couscous. Comme presque toutes les écoles jusqu’à présent, l’école de Fez nous procure un accueil irréprochable. Certains enfants nous aident à monter le décor, remplir les calebasses d’eau… 504 enfants ravis découvrent notre univers, et nous assènent de questions sur le dénouement des histoires à la fermeture de l’école.

Nous sommes invités à déguster des plats de poisson dans un restaurant populaire du centre-ville. Malgré l’interdiction de circuler face à la présence d’une personnalité importante dans la ville, nous parvenons enfin à nous garer à proximité du restaurant, dont les fruits auront finalement raison de l’estomac de notre seul élément féminin. Heureusement, demain, c’est relâche.

J15 : Samedi. WE à Casa. La mer semble deux fois plus chaude que le WE dernier. Barbara digère … ça tombe bien, le soir, les Imams lancent les premiers chants du Ramadan.

J16 : Welcome to le « Théâtre de la FOL », à Casablanca. Aujourd’hui encore, c’est pour nous l’occasion de présenter le spectacle à un public différent. Le démarrage du ramadan empêche, néanmoins les enfants de l’orphelinat de se déplacer jusqu’au théâtre. Les élèves de l’école publique, eux se déplacent, soutenus par des mamans d’élèves qui emmènent jusqu’à huit enfants pour une femme seule.

Le public ici est plus agité que dans les écoles françaises.

La séance se déroule en lumières, et permet à certaines familles d’entrer pour la première fois dans un théâtre. D’en entrevoir les coulisses, d’en deviner les soubassements. Certains parlent encore de ce voyage théâtralo-musical auquel ils ont eu la joie de participer.

J17 : Retour à Rabat.

L’école Malraux se présente, aussi blanche que massive. 920 élèves parcourent les deux cours qui permettent de séparer les maternelles des primaires.

De l’ombre, il y en a peu pour les séances de la première journée. Heureusement, les élèves de maternelle ont pensé à prendre des casquettes, et parviennent tout de même à apprécier le spectacle. Demain, nous nous placerons à l’ombre du préau central.


Le soir, nos super logeurs nous emmènent au théâtre.

 

j 18 : les deux représentations du matin se déroulent sans la moindre encombre. Le choix du préau s’est avéré des plus judicieux. Même si nous avons subi le soleil sur la seconde séance, les enfants, eux, auront tous réussi à échapper aux attaques de ses rayons ravageurs. Aujourd’hui encore, il est dur pour nous d’échapper aux séances de signatures enjouées. 

Le repas du midi se fait en grandes pompes. Notre arrivée dans les murs de l’école Ronsard est prévue à 14h, pour jouer à 15h00. Le planning est serré mais tout se fait dans les temps. 240 nouveaux spectateurs conquis.


J20 : Kénitra. La ville des cigognes. Elles sont partout. On en voit une ici, qui siège au sommet d’un poteau téléphonique, puis là, une autre, qui prend une tour pour un porte-nid… A notre arrivée dans le vaste établissement aux reflets post-coloniaux, on s’installe sur le terrain de sport. L’ombre est totalement absente de la place. Le jeûne rituel a commencé depuis 4 jours maintenant. Ça va être dur pour les enfants pense-ton discrètement.

Mais notre voyage musicale rempli à nouveau sa mission, transportant 343 jeunes passagers dans les méandres de nos souvenirs.

Sur la route qui sépare Kénitra de Tanger, nous nous permettons une courte halte sur la plage de Moulay Bousselham. Un petit moment de bonheur s’ajoute alors à nos souvenirs dans cette aventure.

 

 


J20 : Tanger est une ville surprenante, multiculturelle aux styles architecturaux métissés. La troisième ville du Maroc sera notre dernière étape pour la tournée. Dès notre arrivée, tout est prêt pour nous accueillir. Nous logeons chez une famille accueillante, qui prépare son retour en France après plusieurs années d’expatriation. Barbecue et grillades sur le balcon de l’appartement duquel on domine la ville.

Au petit matin, les portes de l’école nous sont ouvertes. L’école vient de fêter ses cent ans d’existence. Son style est colonial et verdoyant. Elle offre un cadre des plus accueillants pour conclure cette aventure qui s’achève en flambeaux.

Chakib échappe aux autographes… Il dispose de moins d’une heure pour rejoindre l’aéroport si il ne veut pas rater l’arrivée de son dernier enfant… à 2000 km de là. Opération réussie.


J21 : c’est reparti pour 2 jours de bateau, de chaabi enflammé au pont 7, de cafés italiens et de vogue ensoleillée sur la grande bleue. Petit changement d’état : Deux jours de bateaux ne seront pas de trop pour apprendre le nouveau texte qui nous attend pour la semaine prochaine : « on est si bien chez soi »… Cette fois-ci, ce sera pour le maintien à domicile des personnes âgées…


Du 15 mai au 2 juin 2017, la Compagnie Attrape Sourire a débarqué en terre marocaine, pour jouer un spectacle spécialement créé à destination des élèves des écoles françaises : « Balaniconte, Opus 2 ».

La tournée s’est admirablement bien passée de notre côté, nous laissant des étoiles plein les yeux, et des images plein nos pensées. Nous avons retrouvé nos contrées emportant dans nos valise de nombreux dessins colorés, et comme une envie de reviens-y…

Aussi tenions-nous à remercier tous ceux qui nous ont fait confiance dans l’organisation de cette tournée ; tous ceux qui nous ont accueilli, logé, nourri… Serge et Fernand, sans qui rien de tout ceci n’existerai. Eux qui se battent chaque jour de leur quotidien pour que des spectacles vivants se jouent et se jouent encore dans les établissements scolaires au Maroc. Eux qui nous ont écouté, et suivi sur ce projet. Au nom de toute l’équipe, Merci.

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